Anaïs Charras — Prix Kiyoshi Hasegawa 2022

Texte de Nicole Lamothe

Section
Gravure

Ils interrogent ces êtres qui semblent désemparés. Qui sont-ils ? quel drame, quelle souffrance ont-ils vécu. Très parlantes, ces eaux-fortes ne laissent pas indifférent.

On devine Anaïs Charras habitée par son art. Attirée par le dessin qu’elle pratique tout d’abord en autodidacte, la découverte de la gravure est pour elle comme une révélation. Elle suit alors une formation à cette discipline aux Ateliers de la Ville de Paris. La précision, la rigueur et le large champ de possibilités qu’elle offre lui permettent d’exprimer sa réflexion sur la vie, ses mystères, ses aléas. Elle pratique avec talent et sensibilité la pointe sèche et l’eau-forte à travers lesquelles elle décrit un univers un peu étrange peuplé de personnages qui semblent perdus. Chaque œuvre raconte son histoire, souvent des naufrages de vies, la désespérance de pouvoir franchir le passage vers une autre existence.

Les sentiments sont exprimés en des contrastes puissants de noir intense qu’éclaire la lumière d’une fenêtre ouverte, elle fait découvrir ces visages inquiets d’hommes dans leur nudité, leur désarroi, leur fragilité devant les épreuves qu’ils doivent surmonter avant de retrouver la vie normale. Un récit épique, troublant.

Prix Kiyoshi Hasegawa

Section
Gravure

Créé par Janine Buffard et Yves Dodeman, en hommage à leur grand-oncle, le peintre graveur Kiyoshi Hasegawa (1891 - 1980).
Ce prix est à décerner à un artiste résidant en France qui devra présenter dix estampes monochromes.