Gérard Le Cloarec — Grand Prix Léon-Georges Baudry 2021

Texte de Nicole Lamothe

Section
Peinture

Concilier l’héritage des maîtres du passé avec une écriture  fine, inventive, très contemporaine, c’est tout le talent de ce peintre dont les portraits réinventés et fidèles cependant sont les témoins de sa singularité.

La traduction du visage humain s’est transformée au cours des siècles, en particulier dès le début du 20è s. avec le cubisme notamment. Avant cette période quelques artistes se sont risqués à une représentation imprévue du visage, ainsi Arcimboldo qui reconstituait les traits à partir de fruits et de légumes. Gérard Le Cloarec exprime la sensibilité de notre temps dans une forme nouvelle de langage plastique. Baroques sont ses représentations de personnalités connues dans divers domaines. Portraits réécrits et reconnaissables exécutés à base de multiples signes graphiques, de traits acérés qui fractionnent quelque peu le visage sans le dénaturer. Des multiples facettes fortement colorées surgit une figure connue : Vinci dont le regard intense émerge d’un enchevêtrement de lignes et de couleurs, Rembrandt aux yeux scrutateurs seuls lisibles dans un vivant portrait mais encore Hugo, Colette, Gandhi ou une surprenante Mona Lisa en bigoudène.

Cette œuvre témoigne de l’évolution de la création ; un travail unique, passionnant à déchiffrer. Si la réalité première s’éloigne avec ces touches parfois géométrisées qui troublent notre esprit cartésien, très vite vient l’adhésion. Le Cloarec obéit à son désir plastique dans le respect de la vérité.

Grand Prix Léon-Georges Baudry

Section
Peinture
Sculpture
Gravure
Destiné « à un artiste français connu, homme ou femme, âgé de 55 ans minimum, ... d’un réel talent figuratif pour la qualité de l’ensemble de son œuvre ».